Le 25 avril prochain sera la journée internationale de la sensibilisation à l’aliénation parentale.  Telle une étreinte faite avec mauvaise intention qui étire tout grand les bras, l’aliénation parentale est très souvent une prolongation de la violence conjugale. Elle peut s’inscrire dans une dynamique de violence psychologique et n’a pas de genre ; les hommes comme les femmes en sont capables et coupables. Mais c’est d’abord et avant tout — et dans tous les cas — une violence psychologique envers les enfants.

L’aliénation parentale est souvent insidieuse puisque le couple et la relation parent-enfant peuvent très bien se porter à l’intérieur de la dynamique familiale, mais en réaction à une rupture, un des deux protagonistes peut, par vengeance, aliéner les enfants.

Dans un communiqué de presse émis récemment, Le CAP (Carrefour aliénation parentale) explique ceci : « Le terme a très mauvaise presse. On craint et dénonce, à juste titre, les amalgames et surtout l’instrumentalisation de l’aliénation parentale (AP). Nous sommes tous conscients que les fausses allégations d’aliénation parentale existent. Mais l’instrumentalisation de l’AP ne la rend pas moins douloureuse et tragique pour les enfants, les femmes et les hommes qu’elle touche. »

Même si on les pointe souvent du doigt parce que la rumeur veut qu’elles soient aliénantes pour leurs propres enfants, fréquemment, les mères se retrouvent sans ressources devant leurs ex-partenaires violents qui se défendent en disant haut et fort qu’ils sont victimes d’aliénation, d’où leur peine, leur découragement et leurs excès de colère. Il arrive donc que les pères se servent de l’aliénation parentale comme prétexte à la violence qu’ils portent envers leur ex-partenaire.

En termes simples, l’aliénation parentale est le rejet injustifié et inexplicable d’un parent par un enfant suite à une campagne de dénigrement (comportements aliénants allant de naïfs à obsessionnels) dans le but cruel de voir le lien parent-enfant(s) détruit.

Ce sont donc beaucoup de personnes, hommes ou femmes, qui appliquent à la règle le parfait mode d’emploi pour bousiller la vie, le cœur et la tête de leur enfant afin d’atteindre leur ancien partenaire là où ça blesse le plus, c’est-à-dire dans la relation qu’il chérit avec sa famille proche, notamment ses enfants.

Nous sommes tous témoins de comportements aliénants de la part de certains parents. Les procureurs et les jugent sont de plus en plus au courant qu’il s’agit d’une arme maudite qui détruit des vies entières.

Mais les dynamiques d’aliénation parentale sont encore trop souvent perçues comme de simples conflits parentaux. Si l’on identifie mal la cause, comment peut-on enrayer le symptôme ? Il est urgent de s’éduquer à ce phénomène.

Dans le texte-témoignage paru dans le Huffington Post Québec et intitulé L’aliénation parentale : les petits soldats de plomb, une femme, nommée Sophie, pour l’occasion, ose parler de sa souffrance d’avoir vu son lien avec ses deux enfants détruit.

Si elle est souvent la prolongation de la violence conjugale, l'aliénation parentale peut également s’appliquer à même cette dynamique bien avant qu’il n’y ait éclatement du noyau familial.

Ce qui est triste, c’est qu’il est difficile de se défendre sans causer plus de dommages qu’il n’y en a déjà.  Les enfants, ces grands perdants dans toute cette histoire, auront des séquelles toute leur vie et verront probablement leurs relations interpersonnelles futures se vivre difficilement aussi. Certains s’en sortent, mais non sans peine.

Les enfants, une fois rendus grands demeurent souvent fidèles au parent aliénant.  C’est donc totalement faux de croire qu’en grandissant, ils comprendront enfin et voudront se rapprocher du parent qu’ils auront mis de côté.

On peut reconnaître certains signes chez l’enfant aliéné.  Ainsi, il dénigrera le parent concerné, l’affublera de qualificatifs entendus chez le parent aliénant, accusera son parent, saura tout de la vie personnelle et amoureuse de feu le couple de ses parents, trouvera un coupable à tout prix chez le parent aliéné, etc.

Il est difficile de se taire pour le parent qui souhaite une relation harmonieuse avec son enfant lorsqu’il est ainsi traité.  Mais vient un moment où il n’ose carrément plus parler parce qu’il a toujours l’impression de marcher sur des œufs.  Vient un moment aussi où les relations se brisent sans jamais se réparer.

Vous avez des enfants et vous vivez un éclatement de votre famille ?  Soyez vigilants à ne pas mêler les petits aux histoires des grands.  Vos enfants ont le droit fondamental d’avoir et d’aimer leurs deux parents.

Il est connu qu'un couple sur deux vit un divorce.  Dans ce lot, vingt-cinq pour cent feront tout pour se saboter mutuellement et dix pour cent se mèneront une guerre sans merci. Ce sont là des statistiques qui font peur quand on pense que ces adultes sont souvent parents.

Dans le texte, L’aliénation parentale : les petits soldats de plomb, c’est une mère qui n’a plus de contact avec ses enfants qui écrit sa souffrance.  Cela aurait très bien pu être un père.  C’est le hasard qui a joué ainsi, mais n’allez pas croire que les hommes ne souffrent pas de telles injustices !

L’aliénation parentale est donc une finalité, une rupture de lien.  Il y a un désir d’exclusion.  Dans des cas fusionnels, le parent aliénera dans le désir de ne pas perdre toute sa relation avec son enfant et ainsi le contrôle qu’il exerce sur la dynamique familiale.

Bien que tout peut commencer par des comportements aliénants naïfs, la naïveté peut se transformer en obsession au fil du temps.  L’aliénation parentale s’exerce toute entière lorsque l’enfant finit par y jouer un rôle. L’aliénation parentale, c’est le rejet injustifié et inexplicable d’un parent par un enfant.

Homme, femme, peu importe. Si vous êtes parent, vous devez faire passer vos enfants au-dessus de la violence.  Ils ne méritent pas ce genre de désamour.  Car c’est de cela qu’il s’agit.  Prendre des enfants en otage afin de faire souffrir l’autre fait effectivement très mal à l’autre mais blesse horriblement les enfants.  Ils en garderont des cicatrices toute leur vie.

Pour davantage d’informations au sujet de l’aliénation parentale, visitez le CAP (Carrefour Aliénation Parentale).   Vous pourrez y trouver les réponses intelligentes et vraies à un sondage que le Carrefour diffusait sur le Net afin de tester les connaissances de la population. .au sujet de l’aliénation parentale.

* En lien avec cet article, ne manquez pas : Aliénation parentale : Le cœur et l’âme n’oublient jamais

Josée Durocher

auteure et blogueuse

Elle a choisi d’épouser trois causes sociales importantes: l’autisme et les agressions sexuelles ainsi que les violences conjugales. Ayant été victime trop souvent dans sa vie, elle a su, à force de résilience, se relever la tête et marcher vers son chemin de guérison. C’est un message positif qu’elle partage avec ses mots qui se veulent de véritables phares dans la noirceur trop commune vécue par trop de personnes.