COVID-19 et ses impacts sur les victimes de violence

COVID-19 et ses impacts sur les victimes de violence

COVID-19 et ses impacts sur les victimes de violence

Avant même que la COVID-19 ne se propage, les agresseurs tentaient souvent d'isoler leurs victimes afin d'exercer un contrôle physique et psychologique sur elles. Il s’agit là d’une vieille tactique et le confinement a amplifié leur capacité à le faire. Les personnes à risque, qu'elles soient partenaires, enfants ou parents, ne peuvent plus s'échapper, même brièvement, à l'école ou au travail. Pour les aider, les décideurs, les travailleurs sociaux et les militants doivent innover.

La pandémie a probablement aggravé le phénomène de la violence domestique, mais il est difficile de le prouver. Certains pays riches signalent davantage d'appels à l'aide, explique Claudia Garcia-Moreno, qui dirige les efforts de l'Organisation mondiale de la santé contre la violence domestique. En France, les signalements à la police de violences domestiques ont augmenté d'au moins 30% au cours de la première semaine du confinement imposé à la mi-mars. D'autres endroits notent de fortes baisses. Les cas rapportés de violence domestique à New York en avril ont baissé de 35% par rapport au même mois l'an dernier. En comparaison, la criminalité globale a diminué de 29% au cours de la même période.

Même en temps normal, la violence domestique n'est pas largement signalée. L'ONU estime que moins de 40% des gens victimes de violences physiques à domicile recherchent une aide quelconque. Lors du confinement, les victimes peuvent avoir peur d'appeler la police ou une ligne d'assistance si leur bourreau peut les entendre. Les victimes peuvent rester chez elles de peur d'être infectées. Ceux qui ont perdu leur emploi peuvent trouver encore plus difficile de quitter une situation de vulnérabilité, aussi insoutenable soit-elle. La pandémie rend plus difficile d'obtenir de l'aide pour les personnes vulnérables - les travailleurs sociaux craignant également d'être infectés.

Les lignes d’urgence et d’aide contre les abus domestiques disent que de plus en plus d'appels se réfèrent à la covid-19 et aux retombées économiques associées. Katie Ray-Jones, responsable de la d’une ligne d’urgence nationale américaine, affirme que le verrouillage incite certaines personnes déjà violentes à le devenir encore plus ; certaines d’entre-elles qui ont été violentes verbalement auparavant deviennent violentes physiquement. D'autres mentent à leurs victimes au sujet des règles de confinement, leur disant qu’elles ne sont en aucun cas autorisées à quitter la maison.

Le confinement oblige ceux qui aident à être plus innovants et la technologie leur est utile depuis longtemps. Refuge, un organisme à but non lucratif britannique, dispose d'un outil de discussion en ligne qui montre aux survivants comment configurer des fonctionnalités strictes de confidentialité sur leurs téléphones mobiles. De nombreux refuges et lignes d'assistance ont déjà un bouton sur leur site Web qui emmène ceux qui recherchent de l'aide sur la page d'accueil de Google et inonde leur historique de recherche de sites banals au cas où leur agresseur entrerait dans la pièce.

Les outils en ligne sont particulièrement utiles maintenant. Une ligne d'assistance néerlandaise voit un nombre croissant d'enfants demander des conseils sur les forums communautaires et utiliser leur outil de clavardage en ligne pour parler à des experts. Et la pandémie suscite une nouvelle réflexion. Les tribunaux de l'État de New York ont commencé à rendre virtuellement des ordonnances de protection. Si le programme reste en place après la pandémie, il éliminerait l'obstacle d'avoir à se rendre physiquement devant un tribunal pour obtenir une protection juridique contre un agresseur. Le personnel du programme d'intervention en cas d'agression sexuelle et de violence domestique de l’hôpital Mount Sinaï à New York organise actuellement des séances de thérapie Zoom.

Lorsque l'accès à Internet est limité et que les protections légales sont plus faibles, la technologie peut être moins utile. En Amérique latine, les frais de données mobiles sont inabordables pour beaucoup, donc les organismes essayent de diffuser des informations sur l'aide disponible via des publicités à la télévision et à la radio.

La violence domestique survivra à la pandémie. Avec de la chance, de nouveaux outils la combattront.

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BESOIN D’AIDE OU D’UNE OREILLE ATTENTIVE RAPIDEMENT? VOICI QUELQUES RESSOURCES UTILES :


Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) : 1-866-532-2822 (24/24) - www.cavac.qc.ca

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) : 1-888-933-9007 (24/24) - www.rqcalacs.qc.ca

SOS violence conjugale : 1-800-363-9010 (24/24) - www.sosviolenceconjugale.ca

Tél-écoute : 514-493-4512 - (7 jours par semaine, de 10h à 22h) - www.tel-ecoute.org

Écoute Entraide : Montréal : 514 278-2130 Sans frais : 1-844-294-2130 (7 jours par semaine, de 8 h à minuit) - www.ecoute-entraide.org

Centre de prévention du suicide de Québec: 1 866 APPELLE (277-3553) (24/24)- www.cpsquebec.ca

Info-Social 811: 1-877-644‑4545 (sans frais) / Personnes malentendantes (ATS) 1-800-361‑9596 (sans frais) (24/24) - www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811

Ressources spécifiquement pour hommes :

Centre de Ressources et d'Intervention pour hommes Abusés Sexuellement dans leur Enfance (CRIPHASE) : 514-529-5567 (Lundi-Vendredi: 9:00 à 17:00) - www.criphase.org

Centre de Ressources pour Hommes de Montréal (CRHM) : 514-355-8300 (Lundi: 10h00 à 17h00 - Mardi au vendredi: 10h00 à 20h00 - Samedi: 10h00 à 17h00 - Dimanche: Fermé) - www.crhmontreal.ca

Service d’aide aux conjoints (SAC) : 514-384-6296 (La réponse téléphonique est effectuée lors des heures d'ouverture. Service de messagerie 24/7. Lundi: 8h30-21h30 - Mardi et mercredi: 9h30-21h30 - Jeudi: 8h30-19h00 - Vendredi: 9h30-17h00) - www.serviceaideconjoints.org

Ressources pour adolescents :
Tel-jeunes : Montréal: 514-288-2266 - Ligne sans frais: 1-800-263-2266 (24/24) - www.teljeunes.com

Ressources pour ainés :
Tel-Aînés : 514-353-2463 - (7 jours par semaine, de 10h à 22h) - www.tel-ecoute.org