Une assez grande partie des jeunes adolescents font preuve de violences, de brutalité dans leur idylle. À l’adolescence, le jeune enfant s’épanouit sur plusieurs plans et forme son identité. C’est ainsi que les premières relations amoureuses émergent. L’adolescent se découvre sur le plan sentimental, sexuel et relationnel. C’est une étape importante de son évolution. Il devient donc assez inquiétant d’observer ce type de violence chez lui.

Pendant l’adolescence, les relations passagères se succèdent. Les violences conjugales à l’adolescence et celles à l’âge adulte sont alors différentes. Explorer le domaine amoureux pour la première fois, conduit certains dans le décor. Ils deviennent violents sans vraiment savoir pourquoi et comment l’éviter.

Relation amoureuse : l’évolution de la violence

Le sujet des violences dans les relations amoureuses à l’adolescence inquiète plus d’un. Le Québec s’est plus penché sur la question. Une enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire a été menée au cours de l’année scolaire 2010-2011. Elle permet d’avoir un regard général sur le Québec. Les résultats de l’enquête peuvent se résumer en quelques points :

• 30 % des jeunes affirment avoir déjà été victimes de violence dans leurs relations amoureuses pendant l’année précédant l’enquête. 25 % d’entre eux ont déclaré avoir administré à leur partenaire au moins un type de violence.

• Les garçons font moins l’objet de violence que les filles dans les relations amoureuses (5 % de garçons contre 35 % de filles)

• Les adolescents affirment avoir subi des violences et avoir usé de la violence envers leurs partenaires au cours des 12 derniers mois précédents l’enquête québécoise.

Regard sur le Parcours amoureux des Jeunes

Une investigation sur le parcours amoureux des jeunes (PAJ) a été menée en 2011-2012 au Québec sur une portion d’étudiants des classes de 3e, 4e, 5e secondaire. Les données recueillies concernant les 12 mois précédant l’enquête montrent que :

• Les agressions conjugales touchaient plus les filles que les garçons avec 49 % chez les garçons et 63 % chez les filles.

• Le suivi des statistiques sur les formes de violences indique aisément que la violence psychologique est la violence la plus exercée chez les adolescents (56 % chez les filles et 46 % chez les garçons) suivi de la violence psychologique (16 % des filles et 13 % des garçons ont déclaré en avoir été victimes au moins une fois.

• 20 % des filles ont déclaré avoir été des victimes de violences sexuelles tandis que le taux était de 7 % chez les garçons.

Séquelles entraînant la violence dans les relations amoureuses à l’adolescence

Il a été identifié scientifiquement un certain nombre de causes conduisant à user de la violence sur le plan relationnel. Ces facteurs sont très souvent les mêmes pour les garçons et les filles. Parmi ces facteurs, nous retrouvons :

Le milieu familial hostile : Le divorce ou la séparation, la vie dans un milieu où les parents se montrent sévères sont autant de faits qui peuvent laisser comme séquelles l’utilisation fréquente de la violence dans les relations amoureuses à l’adolescence.

Assister fréquemment à des actes de violence : Souvent exposé à des violences conjugales entre les parents ou tuteurs, selon les études l’adolescent devient lui aussi en proie à avoir dans relations amoureuses imprégnées de violences conjugales.

Les mauvaises habitudes : la délinquance juvénile, la rébellion, les infractions régulières à la loi, l’usage de violence vis-à-vis de son entourage sont des signes avant-coureurs d’une inévitable violence dans les relations amoureuses.

Avoir souffert d’une violence sexuelle : avoir été victime d’une quelconque violence sexuelle est l’une des causes les plus fréquentes de la présence de violence conjugale dans les relations de l’adolescent. Cela est dû à un traumatisme qu’il aurait vécu étant plus petit, dans l’enfance. L’exposition aux violences conjugales des parents ou une possible maltraitance physique sont autant de causes.

Avoir été martyrisé : avoir été sujet à des maltraitances physiques ou psychologiques est propice à marquer d’une empreinte de violence conjugale les relations amoureuses. Pour les enfants ayant été témoins de ces violences, la violence ne sera que le seul moyen de mettre fin aux discordes.

Les mauvais exemples : connaître des gens ou avoir des amis qui usent de la violence ou qui en sont victimes est un facteur qui conduit plus tard à faire violence.

Les mauvaises fréquentations : Se lier d’amitié ou avoir des amis de mauvaise foi, de mauvais comportements, qui font usage de la violence et qui approuvent la violence (des délinquants)  est un facteur qui conduit plus tard à faire violence.

La violence conjugale et ses mythes

Nombreux sont les mythes autour de la violence conjugale en particulier celle à l’adolescence. Au nombre d’eux, on peut en relever un en particulier :

La violence conjugale à l’adolescence n’a aucune répercussion, puisque ce ne sont que des relations amoureuses passagères. La triste réalité est que ce n’est pas vrai. La violence conjugale à l’adolescence est tout aussi importante que celle à l’âge adulte, car elle influence négativement l’identité de l’adolescent tout en affectant ses relations amoureuses à suivre.

Comment éviter la violence dans les relations amoureuses

Pour éviter la violence conjugale à l’adolescence, deux formes d’approches sont mises en œuvre à savoir : les programmes de prévention universelle et les programmes de prévention sélective.

Les programmes de prévention universelle concernent pour la plupart du temps les adolescents en milieu scolaire, et consistent à agir sur les causes individuelles comme les fréquentations, les comportements et la sociabilité de l’adolescent.

Au Québec, certains de ces programmes sont développés comme :

• Programme de prévention de la Violence dans les Relations Amoureuses des Jeunes (ViRAJ) qui consiste à parler, échanger et informer les jeunes de la tranche d’âge de 14-15 ans sur les types de violences, de contrôle de soi et de contrôle dans le couple.

• Programme de prévention et de promotion traitant de la violence dans les relations amoureuses et du harcèlement sexuel auprès des jeunes (PASSAJ) concernant ceux de 16-17 ans. Ce programme sensibilise les jeunes sur le contrôle de soi dans les relations amoureuses, aux agressions sexuelles et au harcèlement sexuel.

• Le programme Trousse Premières amours concerne les personnes œuvrant auprès des jeunes de 12 à 18 ans. Elle promeut les rapports sains, d’égalités ainsi que la prévention de la violence dans les relations amoureuses.

Les programmes de prévention sélective quant à elles se préoccupent plus des adolescents ayant un passé douloureux et donc sont les plus enclins à perpétrer la violence dans leurs relations amoureuses

La liste des programmes qui œuvrent pour la prévention de la violence dans les relations amoureuses n’est pas exhaustive. Cependant, ceux qui ont subi une évaluation stricte se sont montré en mesure de remplir la tâche qui est la leur. Il en existe d’ailleurs plusieurs exemples :

• Le programme Youth Relationship Project vise la tranche d’âge de 14 à 16 ans ayant eu une enfance douloureuse comme le cas de la maltraitance. Basé sur dix-huit sessions de travail sur les violences psychologiques et physiques, il est conçu pour développer des attitudes positives et des moyens alternatifs à la violence. Cependant, il n’a pas encore été évalué sur le plan de la violence sexuelle.

• Pour les garçons ayant déjà eu des problèmes de respect de loi (violence sur les femmes, délinquance juvénile) le programme Violence Prevention Mentoring Program a été créé. En quatre séances de deux heures trente, l’adolescent est informé sur la violence conjugale.

Moyens pour soutenir les adolescents en proie à la violence

Bon nombre d’éléments pourraient soutenir les démarches menées dans le but de la prévention des violences conjugales à l’adolescence.

• L’ingérence de l’entourage de l’adolescent dans les programmes, afin de l’entourer.

• La participation active des adolescents à des programmes de guide pour les aider à avoir des relations amoureuses et sexuelles saines.

• Des programmes parentaux qui permettent aux parents d’avoir un regard objectif sur les fréquentations et comportements chez leur enfant capable d’engendrer des violences conjugales dans leurs relations amoureuses.

• L’utilisation des médias sociaux (réseaux sociaux)  dans la sensibilisation préventive sur les violences conjugales