La féministe enragée et le pauvre homme blanc  

La guerre fait rage ! À l'heure de la (bienheureuse) libération de la parole des femmes et de hommes victimes d'agressions sexuelles, l'homme blanc (de 50 ans,ou pas) se sent stigmatisé, injustement montré du doigt. De leurs côtés,certaines féministes prennent peut-être leur mission un peu trop à cœur…

Entre les partisans d’un féminisme à tout crin, et les vieilles lubie et habitudes à la peau dure d'une frange de la population masculine pas très ouverte d'esprit, les deux camps semblent irréconciliables.

Prenons le temps de souffler un coup, et tâchons tant bien que mal de faire relativiser tout ce beau monde.

Le féminisme : un nécessaire combat

Il semble bon de rappeler que le féminisme est une cause juste et justifiée, factuellement. Il ne s'agit pas d'un mouvement de forcenées, de revendications abusives et délirantes. Depuis à peu près toujours, la femme a toujours bénéficié de moins de droits que l’homme. Pour illustrer cela, on cite souvent le fait que les femmes ne peuvent voter en France que depuis 1944.

Certes, mais n'oublions pas que la première femme Premier ministre en France est Édith Cresson, en 1991, tandis qu’au Québec, il faut attendre 2012 pour voir Pauline Marois accéder à ce poste.

Les contraceptifs d’urgence ne peuvent être délivrés sans ordonnance que depuis 2000, date de l’égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives. En 2004, la loi relative au divorce permet une procédure d'éviction du conjoint violent qui agresserait physiquement son/sa partenaire (il fallait y penser !).

Dernière petite date pour la route, assez ahurissante : en 1929, le conseil privé d'Angleterre, cassant une décision de la cour suprême du Canada, décrète que les femmes sont bel et bien des personnes. On croit rêver ! Et pourtant, ces évolutions n’ont pas eu lieu au Moyen Âge. Et le chemin est encore long (qui a dit équité salariale ?) …

 

Trop, c’est trop !

Le féminisme est-il une cause noble, qui a encore, malheureusement,bien des combats à mener ? Bien sûr que oui. Ses partisanes sont-elles toujours nuancées, posées et raisonnables ? Et bien… pas exactement. Certaines féministes radicales n'hésitent pas à recourir à des théories et arguments fumeux pour défendre leur position.

Ainsi, certaines prétendent, sans doute plus malignes que Darwin, que les femmes sont globalement plus petites que les hommes, car depuis la nuit des temps, ces derniers se réservent les meilleurs morceaux de viande. Laissant ainsi les portions congrues aux femmes, qui deviendraient au fil des siècles petites et faibles. Aucune légitimité scientifique là-dedans.

En février 2018 sur Twitter, un échange assez surréaliste s’opère entre une féministe énervée et un community manager de Décathlon : la première reproche au second que l’enseigne propose des sacs à dos roses et bleus pour femmes et hommes. Elle monte au créneau quand elle se voit répondre qu’il existe bien d’autres coloris, et que chaque modèle est adapté à la morphologie de chaque sexe. Comme s’il n’existait pas de différences morphologiques entre les sexes…

Et que dire de l'écriture inclusive, qui revendique un chamboulement total de la langue française, la rendant encore plus compliquée (si c'est possible !), afin de laisser plus de place aux accords féminins ?

 

Et les hommes dans tout ça ?

Dans la tranchée en face, beaucoup d'hommes ne se montrent guère plus raisonnables et réalistes. On peut aisément le comprendre. Après des siècles de domination masculine infondée (peut-être dus à un avantage en termes de force physique, le débat est ouvert), il n'est pas facile pour certains hommes de réaliser l'injustice et l'iniquité de leur comportement vis-à-vis des femmes.

Comme l’a illustré le fameux débat sur le « droit à importuner »,l'homme blanc, habitué à la complaisance de ses pairs, à la supposée faiblesse physique des femmes et à leur silence, a parfois du mal à faire la distinction entre drague un peu lourde mais tolérable, et harcèlement ou agression sexuelle. Et oui monsieur, il est plus que normal d’avoir des ennuis quand vous mettez une main aux fesses de la jolie stagiaire.

Mis en face de ses responsabilités, l’homme crie au scandale et à l’atteinte à ses droits fondamentaux de séduire la gente féminine. Il doit comprendre que la minorité des féministes radicales ne peut pas lui servir de prétexte pour écarter les nécessaires changements de mentalités et d'attitudes,qu'il doit absolument adopter au nom de l'égalité des sexes.

 

Moralité : pas un(e) pour rattraper l’autre !

Des deux côtés du champ de bataille, les féministes extrêmes et les machistes inavoués se livrent une guerre sans merci, mais surtout sans intérêt. Même si elle est très – trop – lente, l'évolution de la société tend à combler les véritables injustices entre les sexes. Le féminisme ne doit pas tomber dans l'excès inverse, et tourner à la haine des hommes, en occultant les véritables problèmes d'égalité ; les hommes ne doivent pas jouer du féminisme radical et se voiler la face sur leurs véritables abus.

Ce n'est que lorsque tout ce petit monde réalisera que la bonne position se trouve quelque part dans le no man's land de leurs deux tranchées que nous atteindrons peut-être, un jour, le véritable humanisme.

Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.