Chaque année, cette journée donne lieu à divers débats. Que cela soit sur sa pertinence, sa raison d’être ou sa subsistance. Comme nous sortons souvent des sentiers battus avec notre groupe, nous allons être fidèles à cet état de penser aujourd’hui. Ce que nous voulons célébrer, c’est l’apport inestimable que les femmes ont offert à l’humanité en mettant leur capacité cérébrale à son service.

Trop longtemps sous-estimé, le cerveau de la femme n’attendait que l’espace nécessaire pour venir gonfler à bloc et décupler les capacités phénoménales de notre espèce. Nous nous sommes privés pendant des millénaires de la moitié de cette force et avons de ce fait probablement ralenti notre évolution sociale sous tous les aspects. Comment pourrait-il en être autrement puisque nous nous amputions de tant de talents, de raisonnement et de pensées ? Une fois mises à contribution, parfois envers et contre tous, elles ont participé à créer ce que nous nommons la modernité. Et leur apport a trop souvent été passé sous silence.

Bien évidemment, le premier nom à nous venir en tête est celui de Marie Skodowska-Curie. Scientifique d’exception, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel, et à ce jour la seule femme à en avoir reçu deux. Elle reste à ce jour la seule personne à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques distincts, soit la physique en 1903 avec son marie, Pierre Curie, pour leurs travaux sur la radiation, puis, à titre individuel, elle reçoit le Nobel de chimie en 1911 pour ses travaux sur le polonium et le radium. Rappelons que le polonium est utilisé comme source primaire au démarrage des réacteurs nucléaires, comme détonateur dans les premières bombes nucléaires ou dans le domaine spatial comme source d’énergie pour les satellites. Le radium, quant à lui, a une panoplie d’utilisation en médecine moderne, est aussi une source de luminescence et une source d’ionisation.

Mais qui se souvient de Sophie Germain, mathématicienne et philosophe qui réussit le concours de l’Académie des sciences en 1816 qui vise à donner la théorie mathématique des surfaces élastiques et de la comparer à l’expérience. Et il y a aussi Elizabeth Garrett Anderson, première femme diplômée en médecine d’Angleterre. Son combat pour l’admission des femmes dans les professions médicales s’inscrit dans un élan qui touche à cette même époque l’Europe et l’Amérique du Nord. Elle deviendra en 1897 présidente de la section de Londres Est de la British Medical Association.

En 1856, Eunice Newton Foote est la première parmi les scientifiques à identifier le phénomène d’effet de serre et à mettre en évidence l’influence du CO2 sur le réchauffement de l’air. Puis vint Anna Fiodorovna Volkova, une chimiste russe, première femme membre de la Société russe de chimie. Certains composés chimiques de synthèse qu’on lui doit, comme l’acide orthotoluènesulfonique pur, le chlorure d’acide et son amide, ont été présentés par la Russie à l’Exposition industrielle internationale de Londres de 1876.

Et qui pense à ces six femmes, Kay McNulty, Betty Jennings, Betty Snyder, Marlyn Meltzer, Fran Bilas, et Ruth Lichterman qui ont été les premières personnes à programmer l’ENIAC avec un programme de calcul balistique. L’ENIAC est en 1945 le tout premier ordinateur entièrement électronique construit pour être Turing-complet. Il peut être reprogrammé pour résoudre, en principe, tous les problèmes calculatoires. Pendant longtemps elles ont été oubliées de l’histoire, elles sont pourtant les premières programmeuses informatiques de l’humanité.

Quelqu’un se souvient-il qu’en 1963, Valentina Terechkova est la première femme dans l’espace. Elle a effectué 48 orbites autour de la terre à bord de Vostok 6, en 70 heures et 41 minutes, du 16 juin 1963 à 12 h 30 au 19 juin 1963 à 11 h 11. Cette durée de vol de 2 jours 22 heures et 41 minutes représentait en une seule mission, plus que le total des heures de vol des astronautes américains de l’époque.

Cette liste est loin d’être exhaustive. D’innombrables femmes nous ont propulsées dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre et sans qui nous aurions un retard sur cette modernité acquise. Ne serait-ce qu’en devoir de mémoire et par respect pour tout ce travail, la Journée internationale de la femme à toute sa pertinence d’être. Alors, mesdames, au nom de l’humanité tout entière, merci !

Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.