L’affaire “Denise Harvey” :

Denise Harvey est une femme, mère de famille, accusée d’avoir eu des relations sexuelles illégales avec un mineur. Selon les médias américains, le garçon avait 16 ans et jouait dans l'équipe de baseball de son fils.

Elle a commencé à flirter avec lui et a fini par avoir des relations sexuelles à cinq reprises, notamment au domicile de la victime et dans son bureau où elle travaillait comme courtier en hypothèques.

La sœur de la victime a prévenu la police après qu'elle l'ait déjà entendue avoir des rapports sexuels.

Après que la police eût ouvert une enquête, Denise Harvey fut accusée de mentir à la police et tenta de faire chanter sa sœur pour ne pas aider les autorités.

Denise Harvey fuit les États-Unis :

Denise Harvey a été reconnue coupable en 2008 de cinq chefs d'activités sexuelles illégales avec un mineur. Elle fût condamnée à une peine de 30 ans de réclusion.

En 2009, la femme de 46 ans a décidé de s’enfuir pour échapper à sa peine avec sa famille à Pike Lake, en Saskatchewan. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, elle a obtenu le statut de personne protégée au Canada en mai, selon le National Post.

Ce n’est qu'en avril 2011 que Denise Harvey est arrêtée, date à laquelle elle ne s'est pas présentée pour sa peine d'emprisonnement.

Sa demande de statut de personne protégée a été entendue par la Commission de révision de l'immigration (CISR) en juillet 2012 et la CISR l'a acceptée parce qu'elle avait reconnu que sa peine était un châtiment cruel et inhabituel et que le crime dont elle avait été condamnée n'était pas un crime au Canada.

La loi canadienne en terme d'agressions sexuelle stipule qu'un adolescent de 16 ans peut consentir à avoir des relations sexuelles avec un adulte à moins que cet adulte ne soit une personne de confiance, telle qu'un enseignant, un entraîneur ou un patron. Si tel est le cas, l'âge du consentement passe à 18 ans.

Comme le garçon de la Floride avait 16 ans et que Harvey n’était pas considéré comme étant dans une position de confiance, aucune loi canadienne n’a été violée.

En 2013, le gouvernement canadien demande une révision du statut protégé de Denise Harvey et obtient gain de cause avec l’infirmation de la décision.

Ultime rebondissement, la commission des réfugiés s'est prononcée une seconde fois en faveur de Denise Harvey. Ce qui lui donne droit de demander la résidence permanente, ce qui pourrait éventuellement mener à la citoyenneté.

Ce que nous montre le cas Denise Harvey en terme d’abus sexuel sur mineur :

Il existe une idée fausse commune selon laquelle tous les délinquants sexuels d'enfants sont des hommes. Cependant, les femmes délinquantes sexuelles existent, bien qu'elles diffèrent des homologues masculins de plusieurs manières.

Il existe des différences importantes entre les auteurs d’abus sexuels commis sur des enfants, hommes et femmes. De manière générale, les femmes ont tendance à s’en prendre à des victimes plus jeunes et sont moins discriminantes quant au sexe de celles-ci.

Un certain nombre de théories expliquent pourquoi les femmes abusent sexuellement d'enfants. Les chercheurs suggèrent que certaines femmes abusent de leurs propres filles en raison de tendances narcissiques. Dans ces cas, le besoin d'admiration d'une femme âgée et son sens exagéré de l'importance de soi, par exemple, mènent à la jalousie de sa fille.

Un nombre important de femmes qui agressent sexuellement des enfants sont âgées de la trentaine, elles victimisent les jeunes hommes d’environ 12 ans en moyenne.

Les femmes peuvent considérer la relation comme basée sur l'amour et ne pas la percevoir comme abusive ou ne pas reconnaître sa nature inappropriée.

Les femmes de ce groupe peuvent être motivées par un besoin d'intimité et d'essayer de compenser des besoins émotionnels non satisfaits ailleurs. Ce groupe peut inclure les enseignantes qui ont des relations sexuelles avec des élèves de sexe masculin. Ils sont investis dans l'idée d'une relation, trouvent les garçons adolescents moins menaçants que les hommes de leur âge et ont plus de contrôle sur la relation.

Le cas Denise Harvey, nous montre bien qu’en terme d’agression sexuelle sur mineur, il n’y a pas de genre. Même si les femmes délinquantes restent minoritaires, elles n’en sont pas moins exemptes d’actes délictueux.

Malheureusement, les estimations indiquent qu'entre 90 et 95% de tous les abus sexuels ne sont pas signalés, et le nombre est probablement encore plus élevé pour les abus sexuels perpétrés par des femmes.


Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.