Plus de 35% des femmes et 28% des hommes aux États-Unis ont été victimes de violence domestique au cours de leur vie.

Le stéréotype de la violence domestique est un homme qui bat une femme dans une crise de colère incontrôlable. En réalité, les relations abusives sont beaucoup plus complexes. Bien que les agresseurs soient généralement des hommes, certaines femmes ont également recours à la violence contre leur partenaire.

Un examen approfondi de la recherche indique que les femmes ont tendance à utiliser la violence pour se défendre ; les hommes ont tendance à recourir à la violence pour obtenir ou garder le contrôle de leurs partenaires.

La violence domestique suit souvent un cycle de répétition dans chaque relation. Toutes les relations abusives ne suivent pas ce modèle, mais beaucoup de victimes décrivent leurs relations de manière similaire.

Le cycle de la violence conjugale s’installe au fil du temps :

On pense souvent à tort que la violence conjugale est visible, que les victimes peuvent la voir venir et s’installer dans leur quotidien. Or, ce n’est pas aussi simple.

La violence conjugale inclut une prise de contrôle d’un des partenaires qui va s’installer de façon subtile et progressive selon un cycle insidieux.

Au fil des jours, des semaines, des mois et des années, la violence va s’installer lentement et c’est ce qui la rend si difficile à percevoir.

Vous avez peut-être déjà entendu des personnes dire : “moi, je pars à la première gifle !” ou encore “je ferais mes valises tout de suite si mon partenaire est violent”.

Mais quand les sentiments entrent en jeu et parfois les enfants, n’importe qui peut se laisser entraîner dans le cycle de la violence.

De plus, l’entourage ne se rend pas toujours compte de ce que subit la victime. En effet, le sentiment de honte ou le contrôle exercé par le partenaire violent la pousse au silence.

Qu’est-ce que le cycle de la violence conjugale ?

La violence conjugale se traduit souvent dans un cycle appelé “cycle de la violence conjugale”. Composé de 4 phases, le cycle de la violence conjugale s’installe progressivement. Un climat de terreur prend place dans le quotidien de la victime. La honte, la peur, l’impuissance ou encore la culpabilité ou le doute se font sentir.

Le cycle de la violence conjugale se caractérise par :

• une domination permanente sur la victime,

• une relation conjugale marquée par la violence qui se répète plusieurs fois,

• une accélération et intensification des violences au fil du temps.

Phase de construction de tension :

Lorsque la relation devient tendue, les victimes peuvent avoir l’impression de «marcher sur des œufs» autour de l’agresseur. Cette phase peut durer quelques heures, plusieurs mois ou perdurer. Plus cela dure longtemps, plus l'explosion peut subvenir inévitablement, même si la victime ne sait pas exactement quelle sera la goutte qui fera déborder le vase.

La victime est tendue et inquiète.

Incident abusif ou agression :

L'incident abusif se produit généralement lorsque la tension finit par se rompre. Cela peut se jouer de différentes manières. Habituellement, cette partie du cycle se produit lorsque l'agresseur frappe physiquement la victime. L’agresseur peut frapper, violer ou tenter de violer la victime.

Dans les relations où l'abus est principalement psychologique, l'agresseur peut soudainement refuser à la victime l'accès aux nécessités de base (en modifiant les serrures de la maison ou en coupant l'accès à un compte courant partagé, par exemple), en appelant la victime par des noms humiliants ou en faisant menaces de violence.

Le sentiment d’humiliation et de tristesse envahit la victime.

Phase de justification :

Durant cette phase du cycle de la violence conjugale, l’agresseur va tenter de justifier ses actes. Il va trouver des excuses pour minimiser sa violence auprès de la victime.

C’est à ce moment-là que la victime peut se sentir coupable voire responsable de la situation. Elle va donc tenter de comprendre ses explications et commencer à douter de ce qu’elle perçoit.

Phase de réconciliation :

Au cours de cette phase, l’agresseur peut s’excuser, acheter des cadeaux ou se montrer très affectueux pour se “racheter”. Beaucoup promettent de changer, promettent de cesser d'abuser ou promettent que cela ne se reproduira plus jamais.

D’autres vont jusqu’à parler de suicide ou de thérapie pour se soigner.

Ces assurances ont pour but de persuader la victime de rester dans la relation. Ce ne sont pas toutes les relations abusives qui ont une phase de lune de miel. Pour certains, l'incident abusif est immédiatement suivi d'une tension croissante avant l'incident suivant.

Durant cette phase, la victime essaye de comprendre son partenaire et l’aide à changer.

Une fois la phase de réconciliation terminée, la phase de tension reprend et les promesses réconfortantes faites par l'agresseur seront brisées.

Dans la plupart des cas, l'agresseur ne changera pas et le seul moyen de mettre fin à la violence consiste pour la victime à mettre fin à la relation. Malheureusement, le moment le plus dangereux d’une relation abusive est celui où la victime tente de partir. C'est à ce moment-là qu'il est le plus susceptible d'être gravement blessé ou même tué par l'agresseur.

Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.