Dans les faits…

Une agression est un acte de violence, une attaque morale ou physique contre une personne. On parle d’agression sexuelle lorsque cette agression prend un caractère sexuel qui ne tient pas compte du consentement de la personne concernée. Les femmes, de tout temps, en ont été victimes. Ce qui est moins fréquent, c’est de s’intéresser à elles en tant que responsables d’agressions sexuelles. Cette propension à négliger la possibilité d’agressions commises par des femmes repose sur la place et les fonctions habituellement réservées aux femmes dans la société. La femme est considérée comme le sexe faible doué de douceur, représentant la mère, la protectrice et la nourrice. Ce qui est en parfaite contradiction avec l’acte d’agression.

Des données statistiques recueillies au Québec prouvent que ce fléau a une importance numérique non négligeable à l’échelle de la population. On estime à 40 % le nombre d’individus de sexe masculin agressés sexuellement par une femme sur tous les cas d’agression sexuelle et à 6 % celui des individus de sexe féminin. Annuellement, on aboutit à un total de 1000 femmes responsables de cet acte abusif. Avec un taux de 4 % de femmes, auteures d’agression, et en se référant aux données de la sécurité nationale en 2013, on arrive à un total de 1124 femmes. Ce qui signifie au moins 1000 agressions annuellement du fait des femmes. Il est à noter que dans la moitié des cas traités en justice, elles posent ces actes en complicité avec un individu de sexe masculin. Une enquête américaine montre que 40 % des hommes victimes d’agression sexuelle affirment les avoir subies d’une femme et 6 % du côté des personnes agressées de sexe féminin. Dans ce groupe d’individu, 20,8 % d’hommes ont été attaqués par des femmes seules et 18,3 % par deux individus : une femme et son complice. Respectivement 2 et 3,6 % des femmes. Les victimes sont de plusieurs catégories et classes sociales et leurs liens avec leurs agresseurs peuvent être de tout genre.

Les types d’agression

Dans le cadre familial

Certaines mères de famille détournant subtilement leurs gestes au moment de prodiguer des soins ou de manière plus violente par la force abusent sexuellement de leurs propres enfants. Les agressions dans le cadre familial se distinguent en deux cas :

1. La mère agit seule : le plus souvent, elle peut arriver à se convaincre du bien-fondé de son comportement et ainsi imposer ce raisonnement à la victime. Ce sont pour la plupart des enfants n’ayant pas encore atteint la puberté. Généralement, les mères concernées font subir ce traitement uniquement à leur progéniture parfois par la force. Les services de protection de l’enfance au Québec ont enregistré des faits d’agressions commis par les mères, dans 5 % des cas d’agressions produites dans le cadre familial. Ce qui représente une bonne tranche de la population. Au Canada, ces chiffres s’élèvent à 3,4 %. En plus d’être incestueuses, ces relations donnent à l’enfant une compréhension biaisée et déformée de la sexualité en général et de la sienne de façon spécifique.

2. La mère agit en complicité avec un homme (le plus souvent le conjoint) : dans ce second cas, elle peut poser ces actes d’agression à cause de l’influence que l’homme exerce sur elle. Que ce soit par peur des représailles ou sentimentalisme. Les cas évoqués ci-dessus font partie respectivement du deuxième et troisième type de relations entre agresseur et agressé.

Dans un cadre professionnel ou scolaire

Les gardiennes ou professeurs peuvent abuser des fonctions qui leur sont confiées, profitant de leur supériorité d’âge afin de s’imposer à des adolescents ou enfants. L’enfant peinera à distinguer les gestes inappropriés et sera réticent à en parler ou à dénoncer son agresseur. L’adolescent aura tendance à voir ces agissements de la part d’une femme plus âgée comme un accès privilégié à la sexualité. Même dans le cas où la victime est consciente de subir une agression, la crainte de ne pas être pris au sérieux ou de risquer un retournement de situation pour se retrouver soupçonné soi-même d’actes d’agression (surtout pour les garçons) décourage la dénonciation de ces abus. Il s’agit du premier type. Les individus de sexe masculin sont la principale cible de ces agressions. Ce qui est spécifique à ce cas est que l’agresseur est souvent persuadé du consentement de sa victime.

Agression sur personne adulte

Le dernier type désigne les femmes s’en prenant à des adultes. Ce sont majoritairement des femmes qui sont attaquées dans ce cas. Les auteures ont pour la plupart un passé criminel qui les prédispose à la violence et à l’emploi de la force pour parvenir à leurs fins. Ce groupe est très peu connu, car leurs victimes hésitent à les dénoncer aux autorités.

Ces types ont été définis par Harris (2010) qui s’est intéressé aux caractéristiques communes de ceux existants et les a appliqués aux typologies de Mathews et Speltz (1989) en s’appuyant sur les caractéristiques communes concernant les cibles et les comportements des agresseurs.

Répercussions sur les victimes

Les conséquences pour la victime sont d’ordre physique, psychologique, comportemental. Agressés durant leur enfance, les garçons peuvent, plus probablement à l’âge adulte, remettre en question leur orientation sexuelle. Ils seront sujets à la dépression, le stress découlant de l’expérience vécue, l’anxiété, un fort sentiment de culpabilité, de honte, et une faible estime de soi. Socialement, il peut avoir tendance à fuir les relations humaines et du mal à accorder sa confiance aux autres. Une manière de se rendre compte de l’ampleur et des dégâts causés par ces agressions est de procéder à une enquête rétrospective auprès des victimes. Il n’est pas évident de distinguer les conséquences qui proviennent uniquement de l’agression. Que ce soit par un homme ou une femme, une agression laisse toujours des séquelles qui sont à peu près les mêmes de façon générale.

Les agressions faites par des femmes

La particularité de ces agressions est à plusieurs niveaux.

- Elles sont dirigées plus souvent que celles infligées par des hommes, vers une cible masculine. Il y a bien sûr des cas d’agression sur les femmes et petites filles, mais c’est principalement les garçons (enfants, adolescents) qui en sont victimes.

- Le délit est commis dans 50 % des cas en présence et complicité d’un homme.

- Le type d’agression commise est bien entendu différent de ceux du contexte masculin, et il peut très facilement se confondre à des soins.

- Le taux de récidive est faible du côté de ces femmes : 1,34 % contre 17 (étude sur une période de 5 ans) à 21 % (10 ans) chez les hommes.

Les mesures de protection contre ces agressions

Les abus sexuels de responsabilité féminine sont encore tabous dans la société actuelle, ce qui rend ardue la réelle estimation des chiffres ainsi que des conséquences sur les individus. Afin de prévenir autant que de détecter ces actes d’agression, il est nécessaire de s’assurer d’une relation parent/enfant et dans le cas présent mère-enfant dénuée de comportements sexuels, exclusifs ou violents. Les organismes de protection de la jeunesse devraient rechercher des moyens de détecter des signes précurseurs ou résultants d’agression sexuelle. Cela peut se révéler compliqué, notamment du fait que la psychologie de ces femmes peut les amener à qualifier cette relation de normale et bénéfique pour l’enfant et le lui faire croire. Il sera alors bien difficile à ce dernier d’avoir une vision rationalisée et convenable de sa sexualité.

Au Québec

Des études sur le sujet montrent qu’environ 17 % des hommes subissent une agression sexuelle au cours de leur vie. Et donc pour une durée de vie moyenne, 675 000 hommes au Québec seraient victimes d’agression sexuelle. Le nombre d’agressions commis par des hommes est nettement plus élevé que celui des agressions du fait des femmes. Les statistiques mentionnées plus haut montrent bien que 40 % de ces cas d’agression sont perpétrés par des femmes. Il en résulte qu’uniquement au Québec, 120 000 hommes seraient victimes d’agressions sexuelles par des femmes au cours de leur vie. Ces femmes font rarement l’objet de poursuites judiciaires et sont plutôt assistées par des services d’aide par l’initiative des organismes de protection de la jeunesse. Les conséquences de ces actes, cités précédemment, touchent l’individu, mais également son entourage, sa famille. Cela devient une question d’importance sociale et de santé publique à laquelle il est primordial d’apporter tout intérêt afin de prendre les mesures idoines.

Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.