L’être humain ne se sent pas à son aise à l’état de solitude. Le besoin de vivre en communauté est inné en lui. De l’enfant au vieillard, tous nous sommes en quête d’interactions au jour le jour. Nous nous sentons vivants une fois que ces relations sont tissées. Mais il semble que des interactions entre les humains ressortent souvent des tensions, des conflits. En réalité, tant de points négatifs que de points positifs matérialisent ces influences réciproques. Tout commence par l’opinion que l’un se fait de l’autre, de ce qui motive cette opinion et des différentes réactions qui en résultent.

Les marques de reconnaissances

Les regards qui se portent dans la société peuvent se présenter sous plusieurs formes qu’on peut regrouper en deux principaux aspects. En effet, ces regards ou opinions définissent la manière dont on vous considère, la façon dont votre existence est appréhendée par les autres.

Les deux réalités sont la positivité et la négativité.

Mais les raisons qui expliquent l’image que les autres se font de vous sont à prendre aussi en compte. Il en existe plusieurs qui gravitent autour de votre nature d’une part (ce que vous êtes et qui est traduit par l’inconditionnel) et vos actes d’autre part (ce que vous faites et qui est marqué par le conditionnel).

L’étude qui porte sur ces deux variables à savoir le regard que l’on porte sur vous et le mobile est appelée analyse transactionnelle.

Ainsi l’on a les quatre marques suivantes :

- L’inconditionnelle positivité : dans ce schéma, on vous apprécie pour ce que vous êtes. Par exemple : je t’admire (opinion), tu es brave (motif qui se rattache à votre caractère). Cette marque de reconnaissance est permanente.

- La conditionnelle positivité : ici, l’on vous complimente ponctuellement par exemple : j’ai trouvé ton exposé génial (opinion) quand tu l’as agrémenté par des illustrations (motif). Cette marque de reconnaissance est conditionnée.

- L’inconditionnelle négativité : l’on vous déprécie pour ce que vous êtes : exemple : tu m’énerves (opinion) tu es récalcitrant (motif)

- La conditionnelle négativité : l’on ne vous tolère pour cette action posée : tu m’as déçu (opinion) quand tu as raté cet examen (motif).

Voilà un peu comment se présente le tandem opinion/motif.

Mais les marques de reconnaissances sont également appréhendées sous la forme relations agresseurs/victimes caractéristiques de l’impétuosité psychologique.

Un agresseur est celui qui ne fait que témoigner des marques de reconnaissances négatives parce que c’est les seuls qui sont à sa disposition et quiconque ne conçoit pas cela est mal accepté par celui qui en est l’objet.

La victime est la personne qui ne reçoit que des négativités et qui ne connaît rien d’autre que ça, elle devient de ce fait l’agresseur d’autres personnes parce qu’elle redistribue normalement ce qu’elle a eu comme marque de reconnaissance.

Mais l’analyse transactionnelle implique beaucoup de choses.

Les effets des marques de reconnaissances

Il est vrai que l’on ne supporte pas les commentaires ou avis négatifs sur sa personne. Toutefois, l’indifférence de l’autre est pire. Il a été montré qu’il valait mieux qu’une marque de reconnaissance qu’elle soit positive ou négative affichée vaut mieux que pas de marque du tout. Et cela est avéré : en cas d’absence d’opinions positives, les gens cherchent à recevoir des marques négatives, car ils ne supportent aucunement la vie sans marque de reconnaissance. De même, dans les relations transactionnelles agresseurs/victimes, toute absence d’agressions (quand l’agresseur s’éclipse, se tait, oublie la victime) est ingérable pour la victime qui préfère recevoir des marques négatives que pas de marques du tout. C’est pourquoi la victime sera prête à forcer la main à l’agresseur par des provocations, des scènes aux termes desquelles les insultes et reproches seront rassurants pour la victime. Car le manque d’échange est perçu comme l’exclusion de la société. Et comme en économie monétaire, ces marques de reconnaissances peuvent être multiples, rares ou quasi insignifiantes.

Quoi qu’il en soit, l’analyse transactionnelle admet trois principes.

- Ne pas exiger recevoir des marques de reconnaissance ;

- Ne pas s’en témoigner soi-même ;

- Accepter les marques de reconnaissance même les négativités (inconditionnelle ou conditionnelle).

Les réactions résultant des marques de reconnaissances.

Les marques de reconnaissances ont un impact significatif sur la personne, au plus profond de son être. Quelles sont les réactions courantes ?

Évidemment, c’est les deux extrêmes : l’inconditionnelle négativité blesse le plus tandis que l’inconditionnelle positivité faite plaisir.

Mais tout dépend des marques de reconnaissance auxquelles l’on a toujours fait l’objet et le cadre dans lequel l’on a grandi. Donc, l’on pourrait avoir sa propre préférence.

C’est ainsi qu’un individu qui a reçu presque toujours des marques de reconnaissances négatives se trouve embarrassé quand il se fait complimenté ou adulé. Il se sent indigne de recevoir de telles marques positives ou se dit qu’elles cachent une arrière-pensée manipulatrice. En fait, ce genre de personne est résolu à ne recevoir que des marques négatives et fera tout pour y arriver quitte à se sous-estimer ou détruire ses relations avec les autres. Ceux qui ont été toujours habitués beaucoup plus aux marques de reconnaissances négatives se les échangent sans être gênés puisqu’ils considèrent que c’est parfaitement ordinaire. Ils attachent une grande valeur sentimentale aux marques de reconnaissances qu’ils reçoivent ou qu’ils ont reçues. Ils ont l’impression qu’en complimentant les autres ou en les félicitant, ils perdent ces précieux trésors dont ils ne disposent pas beaucoup.

En cas d’impétuosité psychologique, quelles réactions faudrait-il avoir pour sortir de ce type d’interaction ?

Lorsque c’est vous qui témoignez des marques de reconnaissances négatives à travers des commentaires dévalorisants, des propos abrupts, des paroles blessantes ou que l’on vous fait remarquer la brutalité de vos dire, il faut développer le réflexe de s’excuser. Présenter ses excuses n’est ni dévalorisant ni humiliant : en fait, c’est une marque de grandeur. Et cela permet de mettre fin à l’impétuosité psychologique, interaction très néfaste au développement dans la société et au maintien de la paix. Si vous faites preuve de bonne volonté et que la réaction de votre interlocuteur n’est pas favorable et qu’il vous insulte à son tour alors vous devenez une victime. Il est alors préférable de s’en aller pour ne pas alimenter la tension, car il s’acharnera contre vous à tout prix.

Dans le cas où c’est vous qui recevez des marques de reconnaissances négatives, essayez de les réitérer. Durant la conversation, il y a des signes qui attestent de la nature de celle-ci. Ainsi la violence verbale est caractérisée par des injures, des critiques, des reproches, du chantage, des menaces, ou des accablements. Dans ce cas, il faut afficher votre incommodité et ne pas hésiter à le signifier. Une manière d’y arriver est de reprendre les propos qui vous ont été adressés sous la forme interrogative ou sur un ton indigné. Vous pourriez également reformuler en étant plus cru et lui demander directement si ce sont ces paroles. La nature de celui-ci se notera dans la manière dont il réagit à cette reformulation. S’il a usé de maladresse, il se ressaisira aussitôt. Et vous présentera ses excuses ou révélera les véritables motivations de ces paroles qui ont été mal comprises. Si par contre, vous êtes en face d’un agresseur, il sera irrité par votre réaction et mettra en cause votre capacité intellectuelle.

C’est ainsi qu’on peut sortir de cette forme d’esclavage psychologique qui réduit certaines personnes à l’état de victimes régulières. Il faut dire la manipulation même si ce ne sera pas aisé au début. Les victimes régulières des agressions verbales ne réalisent pas leur condition et ne font pas toujours ce qu’il faut pour en sortir. Depuis le bas âge, ils évitent d’aborder des sujets pour ne pas mettre leurs parents en colère et en subir les conséquences, mais les agressions n’ont jamais cessé et leur font péter les câbles.

Donald Duguay

Fondateur - rédacteur

Fondateur du mouvement, il est animé d’une grande passion à venir en aide au suivant. De victime d’agression sexuelle à survivant, il choisit maintenant de devenir un agent de changement au service de la cause.