𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞𝐬 :

Regardons certains aspects des statistiques publiées hier en nous rappelant que nous ne parlons ici que des agressions adultes/adultes

– En 2011, les différents corps de polices québécois ont enregistré 1 756 infractions sexuelles envers des adultes. (DUC 2 - MSP 2011, Statistique Canada)

– L’estimation générale est qu’environ 5 % des crimes sexuels sont rapportés à la police (JURISTAT, 2014)

– 96,8 % des agresseurs sont des hommes. (Sécurité publique, 2013)

Que peut-on en dire ? Faisons un petit calcul en prenant pour compte que seulement 5 % des agressions sont rapportés à la police:

1 756 X 20 = 35 120 agressions sexuelles commises au Québec chaque année. Un nombre effarant, je sais !
35 120 agressions x 96,8 % commises par des hommes = 33 996 agresseurs et 1 124 agresseurs de sexe féminin. C’est déjà moins monochrome et l’on constate qu’il y a tout de même un nombre non négligeable d’agresseurs de sexe féminin. Nous y reviendrons dans un prochain article, soyez-en assurés.

Compte tenu de la population québécoise, qui est divisée quasi également entre hommes (49,74 %) et femmes (50,26 %), on peut aisément affirmer que sur un total d’environ 7 millions de personnes actives, dont 3 481 800 d’hommes:
3 447 804 hommes soit 99,02 % des hommes ne sont PAS des agresseurs ! Et je crois qu’une partie du clivage hommes femmes vient de là. La statistique, implacable, selon laquelle 96,8 % des agressions sexuelles sont commises par des hommes nous fait vite sauter à la conclusion que les hommes SONT des agresseurs. Alors qu’il ne s’agit en fait que d’un très petit pourcentage, soit 0,98 %.

Même en tenant en compte que ce chiffre est annualisé, donc qu’il ne concerne qu’une année donnée, nous n’arriverions pas au chiffre astronomique que nous avons en tête collectivement, même sur une décennie. Nous pourrions aller plus loin encore, puisque l’on sait qu’un agresseur fera souvent plus d’une victime.

Si tous les agresseurs ne fessaient qu’une victime, ce qui est loin d’être le cas, on obtiendrait toujours moins de 10 %. À deux victimes par agresseurs, ce serait moins de 5 %. Selon l’étude de Harris et Hanson (2004), nous retrouvons un taux de récidive de 20 % sur dix ans. Nous serions donc sous la barre des 4 %.

Mais la généralisation propre au cerveau humain nous fait croire qu’ils le sont tous. Et les hommes le ressentent bien. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir comment ils sont rapidement mis de côté lorsque l’on discute de cet enjeu pourtant si important.
Une fracture que le nouveau groupe de travail renforce à nouveau en n’ayant aucun homme parmi les quatre représentants des partis. Rien pour aider le clivage hommes/femmes et la stigmatisation de ces premiers. Si nous voulons vraiment une solution à ce problème, l’on ne peut imaginer en exclure la moitié de la population et arriver à un changement de fond.

Ici, nous ne cherchons nullement à nier ou diluer le fait que la vaste majorité des agressions sexuelles soit commise par des hommes. Mais nous ne pouvons de même nier que plus de 96 % des hommes ne sont PAS des agresseurs sexuels (adultes/adultes).

Alors de grâce, évitons de dire collectivement que les hommes sont des agresseurs sexuels. Cela ne fait que propager un stéréotype qui nous nuit à tous et à toutes.
Bonne réflexion et bonne discussion