En apportant de l'attention et de l'aide à un homme victime d'agression sexuelle, enlève-t-on de l'importance aux femmes victimes du même type de crime? En parlant des femmes violentées, amoindrit-on la souffrance des hommes? Est-il possible, finalement, de parler d'humains avant tout, sans se focaliser sur leur genre, leur provenance ou leur orientation sexuelle?

Depuis leur naissance, le 23 janvier 2019, les 7 millions de mousquetaires ont été le témoin privilégié d'un bon nombre d'échanges d'idées et d'opinions sur les thèmes des agressions sexuelles et des violences conjugales. Les débats, au début assez polarisés et à présent de plus en plus respectueux et sereins, se concentrent fréquemment sur le clivage entre hommes et femmes, et nous ne pouvons nous empêcher de constater que des termes tels que ''féminisme'' et ''masculinisme'' mènent et soulèvent des propos souvent passionnés, parfois un peu troubles (et certainement troublés). Il nous semble donc bon de nous positionner avec clarté sur la question, en réaffirmant notre foi en un autre ''isme'' qui nous anime et nous guide tout au long de notre projet : l'humanisme.

Courant de pensée, doctrine philosophique et terme qui traverse les époques en s'adaptant et se redéfinissant à chaque tournant, l'humanisme est un sujet trop vaste pour être abordé dans son entièreté en quelques lignes – et ce n'est d'ailleurs pas ici le propos. Parlons alors de ce que nous, dans notre contexte particulier, entendons par ce mot.

Nous voulons, tant que possible, situer l'Humain au centre – au centre de notre réflexion et de notre attention, au centre de nos valeurs. Au-delà de ce qui est financier, politique, technologique ou esthétique, nous considérons que l'humain est notre point de départ, ainsi que notre ligne imaginaire d'arrivée. En d'autres termes : Que ce soit une personne transgenre d'origine africaine, une femme autochtone ou un homme blanc qui subit un viol, pour nous il s'agit d'un être humain qui souffre et qui a le droit d'être écouté et aidé. Qu'il y ait plus de représentants de tel ou tel groupe qui subissent ce genre d'injustice n'enlève rien à la douleur de ceux qui sont moins nombreux à y faire face. La souffrance est un des propres de l'humanité. Elle n'appartient ni à un genre ni à une origine ethnique ni à une classe sociale ni à une époque. De l'autre côté du spectre, que ce soit un jeune homme issu d'une famille dysfonctionnelle ou une femme d'âge mûr issue d'un milieu aisé qui fait preuve de violence envers quelqu'un, il s'agit pour nous de reconnaître et de dénoncer cette agression ainsi que sa source. La violence aussi est un des propres de l'humanité. Elle est présente en chacun et chacune d'entre nous; le nier serait absurde et destructeur.

Bien sûr, les particularités de chaque situation la colorent et la rendent unique, et il est nécessaire de s'y attarder pour la comprendre, sans quoi il est difficile d'y trouver des remèdes ou des solutions : Une femme peut être prise pour cible parce qu'elle appartient au genre féminin, un homme peut rencontrer des difficultés à se faire entendre parce qu'il appartient au genre masculin. Des approches différentes peuvent être adoptées pour venir en aide à l'un ou à l'autre en tenant compte de la spécificité de son vécu. Mais nous ne voulons pas perdre de vue que ce qui nous rassemble est beaucoup plus profond, plus essentiel, plus précieux que ce qui nous différencie. Loin de tout cloisonnement et de tout individualisme, il s'agit de s'ouvrir à l'Autre pour constater, au-delà des différences qui peuvent nous rebuter, son humanité, qui fait de lui ou d'elle notre semblable.

Nous ne sommes pas naïfs. Loin d'être une réalité atteinte ou sur le point d'être ne fut-ce qu'effleurée du bout des doigts, notre humanisme est un idéal vers lequel nous choisissons de tendre. Est-ce un idéal qu'il est possible de pleinement matérialiser un jour? Les débats que nous lisons sur nos pages tendent à démontrer à la fois l'affirmative et son contraire. Nous continuerons, dans un cas comme dans l'autre, de tendre vers cet idéal.

Voilà notre position réaffirmée. À ceux et celles qui veulent attaquer sans même essayer de comprendre (et je les mentionne parce qu'il y en a déjà eu quelques uns, au cours de notre très courte existence), nous disons : Allez voir ailleurs si nous y sommes, avec l'assurance que vous ne nous y trouverez pas. À ceux et celles qui sont en désaccord avec nos opinions et qui sont ouverts au dialogue respectueux et raisonnable, nous disons : Bienvenue dans la discussion.

Besoin d’aide ou d’une oreille attentive rapidement? Voici quelques ressources utiles :

Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) : 1-866-532-2822 (24/24) - www.cavac.qc.ca

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) : 1-888-933-9007 (24/24) - www.rqcalacs.qc.ca

SOS violence conjugale : 1-800-363-9010 (24/24) - www.sosviolenceconjugale.ca

Tél-écoute : 514.493.4512 - (7 jours par semaine, de 10h à 22h) - www.tel-ecoute.org

Écoute Entraide : Montréal : 514 278-2130 Sans frais : 1 844 294-2130 (7 jours par semaine, de 8 h à minuit) - www.ecoute-entraide.org

Ressources spécifiquement pour hommes :

Centre de Ressources et d'Intervention pour hommes Abusés Sexuellement dans leur Enfance (CRIPHASE) : 514-529-5567 (Lundi-Vendredi: 9:00 à 17:00) - www.criphase.org

Centre de Ressources pour Hommes de Montréal (CRHM) : 514 355-8300 (Lundi: 10h00 à 17h00 - Mardi au vendredi: 10h00 à 20h00 - Samedi: 10h00 à 17h00 - Dimanche: Fermé) - http://www.crhmontreal.ca

Service d’aide aux conjoints (SAC) : 514-384-6296 (La réponse téléphonique est effectuée lors des heures d'ouverture. Service de messagerie 24/7. Lundi: 8h30-21h30 - Mardi et mercredi: 9h30-21h30 - Jeudi: 8h30-19h00 - Vendredi: 9h30-17h00) - www.serviceaideconjoints.org

Ressources pour adolescents :
Tel-jeunes : Montréal: 514-288-2266 - Ligne sans frais: 1-800-263-2266 (24/24) - www.tel-jeunes.com

Ressources pour ainés :
Tel-Aînés : 514.353.2463 - (7 jours par semaine, de 10h à 22h) - www.tel-ecoute.org

Parce que les agressions sexuelles et les violences conjugales nous concernent tous et toutes, ce groupe se veut inclusif, sans aucune discrimination de sexe, de genre, d'orientation ou autres. Que vous soyez victimes, de l'entourage de l'une d'entre-elles ou simplement ayant cette cause à cœur, suivez-nous!

Nous visons à faire un suivi de près de la réforme entreprise à ce sujet. Nous y ferons une revue de presse et nous vous invitons à y participer en nous relayant des articles pertinents sur le sujet des quatre coins de la province. Dites-nous ce qui, selon vous, ne va pas dans le processus, partagez vos expériences, vos réactions ou vos opinions.

Nous devons mettre un terme à ce clivage hommes/femmes si nous voulons trouver ensemble des solutions qui feront de notre société un endroit plus juste où il fait bon vivre, pour tous! Nous sommes 7 millions de mousquetaires qui n'accepterons pas que l'éléphant accouche d'une souris ou que quiconque se défile de ses responsabilités.

C'est un défi de taille, mais nous avons un devoir de réussite, pour nous tous et pour les générations qui nous suivront.

Il y a un point important à noter auquel vous devez être d'accord pour participer: jamais nous n'endosserons des idées qui cherchent à renverser ou diminuer le fardeau de la preuve. Ce serait un recul social beaucoup trop immense.

Aucune attaque personnelle ne sera tolérée. C'est un lieu d’ébullition d'idées, un laboratoire. Soyez le plus diplomate possible dans vos échanges. En cas de signalement, vous recevrez un avertissement et ce sera le seul. Aux deuxièmes signalements, vous serez éjecté sans égard. Idem pour ceux que l'on qualifie de "haters", sauf que vous serez expulsés sans aucun avertissement.

L’équipe des 7 Millions de Mousquetaires valorise des échanges cordiaux, respectueux et nourrissants et souhaite que tous ses membres adoptent dès maintenant des comportements en harmonie avec les règles édictées ci-bas :

1- Aucun commentaire misogyne ou misandre ne sera toléré.

2- Vous désirez critiquer certains aspects du féminisme ou du masculinisme? Veuillez spécifier votre source (auteur, groupe de pression, magazine, etc), les idées ou concepts avec lesquels vous n’êtes pas en accord ainsi que la ou les raisons qui vous amènent à rejeter lesdites idées.

3- Rappelez-vous : il faut discuter d’idées et bannir toute attaque personnelle. Les comportements haineux, diffamatoires, racistes, sexistes, agressifs ou menaçants ne seront pas tolérés. Nous n’accepterons aucune pollution pouvant nuire à notre mission à tous !

4- Éviter toute généralité qui n’ajoute rien au débat et qui fait le jeu de gens ou groupes qui tentent de diviser (« On le sait bien, les femmes sont ceci, tous les hommes sont cela, toutes les féministes sont bla-bla... », etc.).

5- Un signalement pour inconduite pourrait vous faire bannir de façon temporaire. Notre médiateur étudiera la situation et vous réintègrera si il ou elle constate que le signalement était sans objet ou vous bannira pour de bon si vous avez bel et bien outrepassé les règles.

Merci encore une fois de prendre place dans ce lieu qui n’est pas le nôtre, mais le vôtre. C’est votre agora. Nous sommes des humanistes convaincus et le resterons. Un pour tous et tous pour un !

Christina Hatziandreou

Rédactrice

Les mots et la philosophie n'ont aucun secret pour elle. Un pilier de la rédaction lorsque l’on se retrouve avec un sujet plus délicat ou plus brûlant à aborder. La personne parfaite pour éclairer les recoins les plus sombres d’une thématique.